Arrivé en Italie ! Lyon – Milan (Jour 2)

Après être parti pour mon tour du monde en autostop depuis Paris hier, j’ai atteint Lyon assez facilement et j’ai pu passer la nuit chez mon ami Paul. Malheureusement la nuit a été courte et j’ai dû dormir quelque chose comme deux heures. Très fatigué, à moitié en train d’hésiter pour demander à rester une nuit de plus, je vois une jolie journée ensoleillée et décide de partir en direction des Alpes.

Jeudi 7 mai 2026

Aire de Saint-Priest

Depuis le centre de Lyon, Perrache, je prend le T2 qui m’amène à une demi-heure à pied de l’aire de Saint-Priest. Le trajet est plutôt agréable, on se retrouve assez vite dans un environnement plus naturel. Il y a même deux vaches dans un pâturage près de la station. Petit hic : la station essence a des clôtures tout autour. Un grillage est cependant à moitié baissé à hauteur du nombril, je comprend très rapidement que c’est par là que je vais devoir sauter. J’ai horreur de ces obstacles : on pourrait très vite se blesser et ruiner le voyage ! Je fait passer mes deux sacs de l’autre côté et je saute vers l’arrière pour enjamber la grille. Je manque de tomber et me fait des bleus aux fesses …

Vers l’aire de Saint-Priest

Vers Chambéry !

Première chose que je vois dans la station : un camion italien ! Je n’en attends pas grand chose, mais comme je parle bien italien, tout est possible ! J’attends que le monsieur revienne à son camion et commence à engager la discussion :

_Bonjour !
_Bonjour, je ne parle pas français…
_Ah ! Vous êtes italien ? (le mec qui fait semblant de ne pas comprendre)
_Oui
_Enchanté, je m’appelle Angelo. Je fais un tour du monde en autostop. J’essaie d’aller vers la Chine et je voulait savoir si vous alliez en Italie ? J’ai besoin d’aller vers Milan car je sais que j’ai une amie j’ai laquelle je pourrais dormir ce soir.
_Enchanté, je m’appelle Mario (j’ai oublié son prénom). Oui je vais à Turin, mais malheureusement les assurances ne me couvrent plus si j’ai quelqu’un avec moi. Puis il y a beaucoup de contrôles à la frontière au tunnel du Fréjus. Si ils me voient avec vous alors que vous n’êtes pas conducteurs, qu’est-ce qu’ils vont dire ? Désolé, j’aurai beaucoup aimé, mais je ne peux pas !

Il était très gentil et je n’ai naturellement pas insisté. Comme je l’ai prédit, je m’attendait à ce que ça bloque avec les camionneurs. Et pourtant… après 35 minutes de stop à la sortie de l’aire (qui, par ailleurs, est plutôt déserte) un chauffeur poids lourd s’arrête et me dit :

_Tu vas où ?
_Je vais vers l’Italie. Milan, Turin (je comprends que je suis trop ambitieux) … Chambéry ou même la prochaine station essence.
_Mmmh, laisse moi réfléchir. Je quitte l’autoroute avant la prochaine station essence et je vais vers Chambéry plus tard parce que j’ai des marchandises à charger.
_Écoute, moi ça ne me dérange pas de t’attendre dans le camion le temps que tu les charge si il faut.
_Allez, monte !

Direction Chambéry ! Jules est un jeune chauffeur poids lourd passionné et très marrant !

Autostop dans l’aire de Saint-Priest

L’incroyable se produit : direction Milan !

Après être sorti de l’autoroute deux fois pour charger ses marchandises, Jules reçoit un coup de fil, il raccroche et me dit : « Bon, je t’emmène en Italie ! ». Au fond de moi je jubile, mais en même temps je me protège très rapidement car c’est trop beau pour être vrai. Il ne comprend effectivement pas pourquoi il est envoyé en Italie alors que demain c’est le 8 mai (férié) et les camions ne sont pas censés rouler. C’est simple : ce n’est pas une fête en Italie, donc il passera la 8 mai là-bas.

Moi et Jules

C’est plus ou moins sûr, je serai vraiment à Milan ce soir. C’est fou. Il faut comprendre que c’est un passage incroyable. Il y a tellement peu de chance que des gens fassent ce trajet Lyon – Milan, qu’ils s’arrêtent aux mêmes horaires que moi dans la même station essence, qu’ils acceptent de prendre un autostoppeur dans leur voiture, puis qu’ils acceptent de le prendre en sachant qu’il pourrait y avoir des contrôles à la frontière, qu’il faut payer le tunnel … et cetera. D’autant plus que le stop en Italie est compliqué, illégal sur l’autoroute. Je ferai le trajet en une journée alors que j’avais carrément prévu de le faire en 3 jours !

Passage dans les alpes, paysages magnifiques!

On prend donc le temps de se connaître avec Jules, de blaguer ensemble sur de l’humour noir, de parler de vie, de philosophie, de politique… les trajets longs permettent de créer un meilleur lien avec les chauffeurs ! Le camion passe par les Alpes ce qui donnent des paysages absolument merveilleux. Moi, ça me rappelle ces trajets que j’ai fait pendant vingt ans avec mes parents pour aller à Gênes, puis en solo pour aller à Milan. J’aimerai dire que les paysages après Turin sont jolis, mais c’est tout l’inverse. Franchement, je m’en fiche, je suis super content d’être là.

La pianura padana… pas les plus beaux paysages !

Jules me dépose près de la Fiera de Milan vers 22 heures. Je dois vite rejoindre mon amie Francesca qui m’héberge et qui doit se lever à 7 heures le lendemain. Voilà comment on reconnaît une vraie amitié : sacrifier son temps de sommeil pour l’autre ! L’endroit où mon bienfaiteur me laisse est un petit peu lugubre. Il n’y a pas un chat dans toute cette zone commerciale et industrielle. J’arrive quand même à parler à un garde de la Fiera qui m’indique où est le métro. J’arrive près d’une heure et demi plus tard chez Francesca qui m’accueille. Après une douche, au dodo !

Je resterai entre Milan et Gênes pour une petite semaine avant de reprendre la route vers Venise est les Balkans !

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